Utiliser des outils d’aide à l’écriture
Tout d’abord qu’est-ce qu’un outil d’aide à l’écriture ?
C’est une boîte à outils qui permet de gérer tout ce qui est relatif à un roman au même endroit. Il permet de centraliser les fiches personnages, les fiches concernant les lieux, etc. ainsi que de construire le plan de son roman. Que l’on soit architecte ou jardinier, ces outils permettent de découper nos chapitres en scènes, de les réorganiser facilement, etc. Certains permettent aussi de vérifier les chronologies en fonction des dates que l’on peut mettre dans nos scènes, de calculer le nombre de fois où un personnage apparaît, de créer des cartes mentales directement dans l’interface pour gérer les relations entre les personnages, les lieux, etc. La plupart permettent aussi de gérer ses objectifs d’écriture, un peu comme pour le NaNoWriMo (National Novel Writing Month). Quelques-uns permettent de faire une analyse du roman.
Ils sont dans tous les cas conçus pour améliorer la narration, la crédibilité des personnages, etc.
Les logiciels présentés ici n’utilisent pas d’IA (vous connaissez mon aversion pour cette technologie écocide) et sont tous libres et open-source.
Fonctionnalités principales :
Gestion des chapitres et des scènes
Tous les outils d’aide à l’écriture permettent de découper son histoire en parties (au besoin), chapitres, puis en scènes, afin de faciliter la création et l’éventuelle réorganisation des scènes dans un chapitre ou d’un chapitre à l’autre.
Traitement de texte
Tous possèdent un traitement de texte, plus ou moins élaboré, qui permet de mettre en gras, italique, etc. certains passages du texte. Ils n’ont aucunement vocation à réaliser la mise en page finale du roman. Cette phase est toujours réalisée dans un traitement de texte complet ou un outil de PAO (Publication Assistée par Ordinateur), Libre Office Writer, Scribus, les outils Microsoft, les outils Mac, etc. selon les exigences des services d’impressions que vous ou vos maisons d’édition utilisez. Le traitement de texte proposé par les outils d’aide à l’écriture permet de se concentrer sur l’histoire, sur la scène que l’on décrit, les dialogues, etc. On peut le plus souvent associer la scène aux protagonistes, aux lieux, etc.
La plupart des outils possèdent un gestionnaire de versions intégré qui permet de créer différentes versions d’une scène, afin de comparer les versions et éventuellement de revenir à une ancienne version ou de fusionner deux versions. C’est très utile si on veut tester un changement, par exemple. Pour certains, il faut gérer manuellement la création d’une version, pour d’autres, ils le font automatiquement lors de l’enregistrement de la scène.
La plupart permettent d’enregistrer automatiquement le projet tous les t temps. Ils proposent aussi un mode sans distraction pour rester concentré sur ce que l’on écrit.
Tous les outils permettent d’exporter l’histoire dans divers formats afin de les imprimer ou de créer la mise en page finale.



Gestion des personnages
Créer des personnages réalistes qui ont un passé, des passions, etc. est primordial pour que les personnes qui liront l’histoire s’attachent à ces personnages, les comprennent, puissent éventuellement s’identifier, etc. Il est donc important de bien connaître chacun des protagonistes pour les rendre attractifs.
Les outils d’aide à l’écriture permettent pour la plupart de détailler les personnages, pas uniquement ou forcément de manière physique, mais leur passé, etc.



Gestion de l’histoire
La plupart des outils d’aide à l’écriture permettent de détailler les intrigues primaires, secondaires, mineures et de les associer aux protagonistes et aux lieux que l’on aura détaillés dans les sections correspondantes.
Ils proposent aussi des outils de statistiques plus ou moins évolués qui permettent de vérifier la balance entre chaque chapitre pour ne pas avoir un minuscule chapitre et un énorme ensuite, la distribution des personnages, des lieux, des objets et des fils narratifs dans les scènes, chapitres, etc.
Par exemple, une partie des stats de Trahisons, le tome 2 des Mémoires d’un Veillorz, qui comporte deux parties.

Il faut pour cela remplir les étiquettes (tags) pour chaque scène afin que le logiciel puisse analyser leur utilisation. Par exemple, ici, on a une partie des tags remplis pour la première scène du premier chapitre de la première partie de Trahisons, le tome 2 des Mémoires d’un Veillorz. (Je n’ai pas tout rempli pour ce roman, puisqu’il était déjà terminé lorsque je suis passé à ce logiciel, je n’ai fait que réintégrer les chapitres existant.)

Personnellement, j’utilise beaucoup les cartes mentales pour préparer mes romans et définir chaque partie de l’histoire. La plupart de mes romans étant déjà terminés, voire publiés, lorsque j’ai acquis Bibisco, je n’ai pas transféré mes cartes mentales de l’outil de Mind Map que j’utilise (à la base pour les projets pros) vers celui intégré dans le logiciel. Je l’ai par contre testé un peu sur un projet de nouvelle et il est effectivement mieux adapté pour les romans que mon outil de gestion de carte mentale. À une époque j’ai utilisé un outil payant de non open-source qui était aussi plus spécialisé pour les romans et je retrouve la même facilité d’utilisation dans Bibisco.

Exemple de logiciels
Ne seront présentés ici que des logiciels libres et open sources. Certains ont une version gratuite limitée et une version complète payante (oui, un logiciel libre et open source peut-être payant). Il existe des logiciels propriétaires, payants, qui répondent aussi aux caractéristiques citées ci-dessus.
Mes deux préférés sont Bibisco et Manuskript, NovelWrier est très bien aussi, mais ne propose pas d’aide à la création de personnages par exemple, il a par contre des atouts que Manuskript ne propose pas. Le plus complet reste Bibisco, mais la version complète est payante. Tous sont en open source, on peut donc modifier le code pour ajouter des fonctionnalités qui ne sont pas proposées. Tous trois fonctionnent sous Linux, Windows et Mac.
https://www.theologeek.ch/manuskript/#
https://novelwriter.io/index.html